La restauration du Palais de la Bourse de Marseille

La restauration du Palais de la Bourse de Marseille

Le projet de réfection du Palais de la Bourse de Marseille

Si la nécessité d’un palais de la Bourse, siège du commerce, dans une ville portuaire semble aujourd’hui une évidence, c’est pourtant par hasard que la plus vieille Chambre de commerce du monde en prit conscience dans les années 1840. En 1841 l’Hôtel de ville connaît des travaux de réfection. La Chambre de commerce, qui y avait ses bureaux depuis 1662, est installée dans un établissement en bois place royale (aujourd’hui place Charles de Gaulle). Rapidement l’aspect pratique de disposer de son propre bâtiment devient essentiel. Une Bourse doit être construite.

Le Palais de la Bourse : Le symbole d’une économie

La Chambre, portée par ses deux présidents successifs, Paranque et Pastré, veut un édifice à la hauteur de la puissance du commerce marseillais, somptueux, vaste, moderne, localisé dans un quartier prestigieux de Marseille. Elle aimerait s’installer dans les nouveaux quartiers du sud mais leur coût est trop élevé. Malgré la crise qui met un terme à la Monarchie de Juillet, ces projets n’avortent pas comme bien d’autres. C’est finalement dans la vieille ville centrée sur elle-même où les terrains sont moins onéreux que le premier bâtiment monumental de la ville amena sa lumière, la nouvelle économie de marché. La symbolique est remarquable.

L’aménagement alentour au Palais de la Bourse

La Canebière fut choisie pour l’accueillir, face à la place royale soit à la croisée des anciennes et nouvelles villes. C’est l’architecte nîmois Pascal Coste, issu du néoclassicisme, qui réalisa les plans et les travaux. Lors de sa première visite dans la «reine de Méditerranée», en 1852, Napoléon III en profita pour poser la première pierre de l’édifice. Le chantier ne commença réellement que deux années plus tard. Il fut long et riche en surprises. L’inexpérience en est la première responsable. L’architecte comme les commanditaires n’avaient jamais entrepris une opération de si grande envergure dans un tel environnement. Le coût des expropriations, 4,5 millions, dépassait largement les évaluations prévues. Malgré les fonds importants de la Chambre de commerce, un emprunt dut être fait et il fut difficilement accordé au printemps 1854. Le sous-sol fut révélé instable. L’architecte dut changer le système de fondations en installant des pilotis enserrés dans des lits de chaux hydraulique et de béton.