Le projet du palais Longchamp

Le palais Longchamp est l’aboutissement de la création du canal de Marseille

L’eau si longuement attendue devait devenir un mot magique, onirique. Dès les prémices du creusement du canal, profitant du passage du duc d’Orléans à Marseille, on posa en 1839 la première pierre du château d’eau commémorant l’arrivée des eaux à Marseille, bien que ses plans n’étaient pas encore établis. D’ailleurs la conception et l’aménagement du site fut laborieuse, car pendant près de vingt ans l’emplacement du monument et le programme à adopter furent au centre des débats. Le château d’eau devait-il dominer la ville ou signaler seulement l’arrivée du canal ? était-ce judicieux de le coupler avec un musée des Beaux-Arts ? En 1861 le Conseil municipal, grâce aux nouvelles conditions d’emprunt, se fit prêter 55 millions afin, entre autres, de rembourser les dettes du canal, mais aussi pour construire les monuments depuis longtemps réclamés, tel qu’un muséum, un musée, une bibliothèque une école des Beaux-Arts et un nouvel Hôtel de ville.

La commande pour le Palais de Longchamp

En août 1861, après avoir étudié les projets de Bartholdi, Coste et Danjoy, le maire Onfroy passa commande à Henri Espérandieu pour l’aménagement du plateau Longchamp. Il lui soumit un programme précis insistant sur la présence d’un musée des Beaux-Arts, d’un muséum d’Histoire Naturelle et d’un château d’eau. Le sénateur Maupas à qui le nouveau maire François Rouvière ne pouvait rien refuser, sollicita à plusieurs reprises l’architecte afin de rendre encore plus grandiose le projet et par conséquent d’en augmenter le coût. Concernant le financement d’un tel dessein, les démarches ne furent pas toujours franches ou appropriées. En effet, le devis estimatif pour construire cet ensemble monumental était estimé à 2,2 millions de francs. Sur l’emprunt de 1861, 1 million était prévu pour la construction du muséum. Le reste des dépenses devaient être versées par la ville grâce à la vente de terrain rue Noailles et à la Joliette.