L’hotel de préfecture des Bouche-du-Rhone à Marseille : ACTE 1

L’hotel de préfecture des Bouche-du-Rhone à Marseille :  ACTE 1

L’Hôtel de Préfecture est sans aucun doute un des édifices monumentaux de Marseille les plus représentatifs du Second Empire.

Maupa adopte la construction de l’hotel de préfecture des Bouches-du-Rhone à Marseille

Son histoire est une fois encore à l’image du contexte d’alors de Marseille. Lorsque Louis Napoléon Bonaparte vient à Marseille pour la première fois en 1852, la préfecture siège dans l’Hôtel Roux de Corse, rue Montgrand. L’édifice construit un siècle plus tôt, est élégant bien que sans prétention. Malgré une exiguïté de plus en plus oppressante du bâtiment, le préfet se penche plus volontiers sur les autres chantiers de la ville et remet le problème à plus tard. C’est Maupas qui fera évoluer les choses. Nommé par Napoléon III «Sénateur de l’administration des Bouches-du-Rhône» en 1860, Charlemagne-Emile de Maupas se saisit du problème et décide la construction d’un nouvel Hôtel de Préfecture dans la perspective de la rue Saint-Ferréol. Le 7 janvier 1861, Maupas convoque le Conseil général  en session extraordinaire et y fait voter le projet de construction et son financement. Le «Palais départemental» sera grandiose, majestueux, imposant, à l’image de l’empereur et de son pouvoir.

Le chantier de l’hotel de préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille es lancé

La loi de 12 juin 1861 vient réellement lancer les travaux, l’état français autorise le département à emprunter 4,5 millions de francs, les expropriations peuvent commencer. Après l’achat des terrains et l’arasement des maisons, la première pierre fut solennellement posée le 18 septembre 1862 à l’emplacement des anciens remparts démolis au XVIIIème siècle.  Auguste Martin, l’architecte départemental mena les opérations avec ardeur sous l’œil attentif d’un Maupas très impliqué mais respectueux de ses choix stylistiques. Mais son manque de rigueur dans la gestion financière combiné à une situation économique générale morose et à l’inexpérience de Guillaume dans la  direction du chantier des sculptures portèrent atteinte aux avancements du chantier dès 1864. Un second emprunt de 1,2 millions fut nécessaire pour poursuivre le chantier menacé d’arrêt mais la situation fut fatale à Martin qui dut démissionner au mois de novembre. François-Joseph Nolau, architecte parisien, second Grand Prix de Rome en 1832, connu pour ses décorations réalisées dans l’Opéra Comique de Paris, fut choisi par Maupas pour achever l’ouvrage.