Marseille, du contexte post révolutionnaire à l’avènement de Napoléon III

Marseille, du contexte post révolutionnaire à l’avènement de Napoléon III

Marseille à la Révolution

Enclins aux idées révolutionnaires de liberté et de tolérance, les marseillais ne se révoltent pas contre la bourgeoisie, même la plus riche, mais contre les pouvoirs politique, religieux et nobiliaire qui asphyxient la population. Les débordements de cette aristocratie municipale qui gaspille les ressources de la commune et charge les marseillais de lourds impôts sur la farine, la viande ou encore le vin, unit les ouvriers et les bourgeois. Parallèlement à la révolte nationale, le commerce marseillais ne perd pas de son ampleur, enregistrant même des échanges en 1792 supérieurs à ceux des années précédentes. Notons que la ville à la suite de la paix d’Utrecht avait récupéré aux anglais leurs échanges avec le Levant, ce qui avait particulièrement fait prospérer son port.

Les dommages de la Révolution sur Marseille

Le mouvement révolutionnaire est fortement dommageable à la ville et à ses monuments. En effet, dès 1793 les affrontements entre Girondins et Montagnards provoquent la destruction ou la vente de plusieurs paroisses lors de vastes opérations de « vandalisme punitif », celles-ci étant souvent choisies comme lieu de réunion des différentes sections révolutionnaires. C’est le cas pour l’abbaye de Saint-Victor, devenue bien national en 1791; son cloître est détruit et l’église dépouillée de ses reliques. De même l’église Notre-Dame-des-Accoules du XIème siècle fut en grande partie détruite,  laissant pour seul vestige son imposant clocher dans le quartier du Panier, le cloître de l’église Sainte-Marie-Madeleine des Chartreux du XVIIème siècle fut quant à lui vendu.

La croissance de Marseille

En 1800 les remparts médiévaux sont abattus, la population aspire à un nouveau souffle et la ville amorce une phase de croissance des plus importantes de son histoire. Le commerce marseillais continue de prospérer au début du XIXème siècle, faisant de son port le premier de France et le troisième d’Europe. La conquête de l’Algérie en 1830 par Charles X laisse présager l’intensification des échanges commerciaux entre Marseille et la nouvelle colonie française.

La monarchie de Juillet

Particulièrement favorable au développement industriel et commercial à l’échelle nationale, La monarchie de Juillet encourage l’activité économique de Marseille. Cependant, si dès 1830 la ville peut se vanter de sa riche activité portuaire, il n’en est pas de même pour son urbanisme et ses monuments dits de prestige.  En effet la cité à l’illustre passé grec ne possède en réalité plus aucune trace de son histoire, compte tenu des destructions médiévales et révolutionnaires.

Les grandes constructions à Marseille

Les pouvoirs politique, religieux, commercial et judiciaire ne bénéficient pas de bâtiments dignes de leur puissance, ce qui freine leur rayonnement à l’échelle nationale et internationale. La commune et le département doivent faire face à un dilemme jusqu’à la loi sur les emprunts à long terme de 1860 : privilégier l’utile ou les monuments de luxe. Nonobstant, la politique monumentale de la ville est amorcée dès les années 1830, avec l’édification de l’Arc de triomphe en 1839  et du pont aqueduc intégré au canal de Marseille achevé en 1849. La ville s’équipe également d’infrastructures portuaires et ferroviaires avec la construction du nouveau port à la Joliette débuté en 1844 et de la gare Saint-Charles inaugurée en 1849.

Ces équipements vont s’avérer primordiaux pour le développement de la ville dans la deuxième moitié du XIXème siècle, comme l’illustre la forte croissance démographique, la population passant de 132 000 âmes en 1831 à 185 000 en 1846, soit une augmentation de 40 %. Marseille n’est pas épargnée par la crise économique que connait l’Europe en 1846. Celle-ci est à la base de la révolution de 1848 et de la chute du régime de la Monarchie de Juillet. Dès février 1848 les républicains prennent le pouvoir en France, c’est avènement de la Seconde République. La constitution est modifiée, l’élection du Président de la République au suffrage universel masculin est instaurée.  Louis Napoléon Bonaparte est élu Président de la République recueillant 75% des suffrages au niveau national. À sa grande déception les marseillais n’ont pas été séduits par sa politique et l’ont positionné en troisième position de leurs votes.

Ce détail aura une influence sur le développement de Marseille car, le nouveau Président, particulièrement attaché à la cité phocéenne, tentera à plusieurs reprises de se faire apprécier des marseillais en soutenant différents programmes de la ville.