Marseille : la fin d’une belle époque

Marseille : la fin d’une belle époque

De manière plus générale, les immeubles construits, d’au moins trois étages, mais de profondeur hétérogène, présentent sur leurs façades de style néo-classique des décors sculptés tels que des mascarons et masques ou des niches d’angles hébergeant un saint patron. Les immeubles sont mis en location et accueillent une population de classe moyenne qui y voit les marques du progrès. Le confort s’est immiscé dans la vie des marseillais.

Après les heures heureuses et confiantes du Second Empire sont arrivées celles plus maussades voire craintives de la IIIème République. La crise immobilière de 1867, puis les crises bancaire, économique et politique des années 1870 pèsent sur Marseille. L’endettement de la ville est colossal et les solutions sont difficiles à trouver. Les investisseurs privés tels les frères Pereire qui ont joué un rôle considérable lors du percement de la rue Impériale sous le Second Empire, spéculant à tout va sur les nouveaux immeubles, sont mis à mal.

Les grands chantiers sont terminés et ceux que l’on pensait commencer avortent ou sont suspendus comme ceux de l’Hôtel de ville ou de la rue de l’Impératrice qui devait rejoindre le Grand Cours à la place centrale (place Sadi-Carnot).  Celle-ci fut finalement réalisée et achevée en 1886 (actuelle rue Colbert). La Belle Époque laisse toutefois des traces ponctuelles dans la ville. Ici et là, à l’intérieur des voies réalisées les décennies précédentes, fleurissent des immeubles.