Marseille, une ville historiquement religieuse

Marseille, une ville historiquement religieuse

Lorsque le visiteur arrive aujourd’hui à Marseille, que ce soit par bateau, par chemin de fer ou par la route, il est toujours accueilli par le faste des bâtiments religieux de Notre-Dame de la Garde dominant la ville, de la Cathédrale de la Major surveillant le port ou encore de l’église des Réformés surplombant la très célèbre Canebière.

Histoire de la chrétienneté à Marseille

Marseille est historiquement très chrétienne puisque la légende veut que Lazare, disciple du Christ et ressuscité par ce dernier, ait embarqué le corps du Christ dans une barque vers la Provence en compagnie de ses sœurs. Accostant aux Saintes Maries de la Mer, Lazare serait parti à l’est évangéliser Marseille dont il devint le premier évêque et le patron. Alors que dans la majorité des grandes villes les principales constructions religieuses datent de l’époque médiévale, dans la cité phocéenne celles-ci ont une origine bien plus récente. En effet,  la majorité des édifices religieux que nous connaissons datent du XIXème siècle et font partie d’un vaste programme de re-christianisation et d’embellissement de la ville.

Le déclin religieux

Dans les années 1830-1840, Marseille est en pleine expansion commerciale et économique mais rien ne montre ses origines glorieuses et anciennes hormis quelques monuments médiévaux en partie détruits.   Cette cité qui revendique son lointain passé commercial grec, ne possède en réalité aucune antiquité ni même monument digne de son rang. De même, d’un point de vue religieux, la Restauration est favorable à l’essor des pèlerinages populaires, on se rend compte que Marseille est très pauvre en lieux de cultes puisqu’on ne compte que onze églises pour 109 000 habitants dans les années 1820. Le siège épiscopal transféré en 1791 à Aix-en-Provence est rétabli à Marseille en 1823 au profit du chanoine Fortuné de Mazenod. C’est son successeur et neveu Eugène Mazenod qui va réellement restructurer la vie religieuse dans la ville.

Le renfort architectural

L’architecture religieuse permet d’une part de rallier des fidèles mais aussi de parer la ville de monuments prestigieux en tentant d’inventer un passé monumental à la ville. En effet quel meilleur symbole que les édifices religieux pour illustrer le passé, le présent et l’avenir. Le langage architectural aurait pour mission de perpétuer le souvenir de Marseille antique et médiévale. A travers cette volonté d’historicisme que l’on retrouve sur la majorité de ces nouveaux lieux de culte on peut lire cette volonté significative « d’invention d’une tradition » comme le dira l’historien britannique Hobsbawn.