Plan des grands travaux d’urbanisme de Marseille

Plan des grands travaux d’urbanisme de Marseille

Une organisation des axes de communication

Le rôle central de la Canebière et de son prolongement la rue Noailles est réaffirmé. La nouvelle communication urbaine est sans équivoque, la gare ferroviaire est reliée à la gare maritime, la Bourse aux Docks, le Grand Cours (cours Belsunce) à la cathédrale, des quartiers sortent de terre au niveau des bassins au nord, tandis que des interventions plus ponctuelles de rationalisation de la circulation sont notables au sud et à l’est. Les campagnes environnantes au sud et à l’est de la ville, d’abord inhabitées, puis construites en de fastueux lotissements au début la Monarchie de Juillet, progressivement transformées en faubourgs à la fin du régime, deviennent des quartiers à part entière pendant le Second Empire, période durant laquelle Marseille double sa surface agglomérée.

L’accès au bord de mer

L’avenue du Prado qui, partant de la place Castellane rejoint la mer en formant un angle à 90°, est construite dès la fin des années 1830, offrant ainsi de nouvelles perspectives à l’urbanisation de la ville. L’avenue, d’une largeur de 60 mètres pour une longueur de 3400 mètres est gigantesque pour le Marseille de cette première moitié du XIXème siècle.

Le chemin de ceinture de Marseille

L’implantation de nouveaux habitats au sud de la vieille ville et les progrès de l’ingénierie favorisent dès 1848 les travaux du «chemin de ceinture», rapidement renommée La Corniche.  Cette voie ouverte à flanc de colline et surplombant la mer, vient relier Endoume, ce petit village de pêcheurs que la municipalité désirait intégrer à Marseille depuis longtemps, au reste de la ville.  Le chantier est exceptionnel. 110 000 m3 de matériel sont déplacés pour un ouvrage achevé en 1861 de 7 km de long. Deux magnifiques ouvrages d’art en pierre viennent enjamber la anse de la Fausse-Monnaie et le vallon des Auffes, permettant ainsi de circuler bien plus aisément entre Endoume et la plage du Prado d’une part, et le Lacydon d’autre part. L’anse des Catalans (qui doit son nom aux pêcheurs qui s’y étaient implantés) connaît au dernier quart du XIXème siècle ses premiers remaniements. À l’époque où les bains de mer deviennent à la mode, on imagine une plage réservée à cet effet où la haute société pourrait venir se ressourcer dans des établissements thermaux. Seul le côté nord fut finalement aménagé avec des pontons de bois installés à même la roche ou sur pilotis.

Dans la ville, les axes de communication sont prolongés.

Des boulevards relient désormais les quartiers, souvent bourgeois, au centre ville plus populaire. Ainsi en est-il du boulevard Baille ou du cours Lieutaud. Au début du Second Empire, le cours part du boulevard Baille jusqu’à l’éperon rocheux du boulevard Salvator. Son prolongement et le percement de la roche sont décidés dans le plan adopté par la ville en 1858. Le cours tel que nous le connaissons aujourd’hui est inauguré en 1864. Un pont d’abord en béton armé, puis en acier vient enjamber le cours au sommet des rues Estelle et d’Aubagne. Le choix qui a été fait est celui de la circulation, non de l’apparat. Leurs immeubles de style néo-classique sont simples, sans prétention, bien qu’on puisse y relever quelques fantaisies ici ou là comme les atlantes et cariatides du cours Lieutaud.